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DUERP — Risques psychosociaux

Risques psychosociaux (RPS) : définition, catégories et évaluation

Les RPS sont des risques comme les autres : ils doivent figurer dans votre DUERP au même titre que les risques de chute ou de coupure (Art. R4121-1 du Code du travail).

Les risques psychosociaux (RPS) désignent l'ensemble des risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d'emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d'interagir avec le fonctionnement mental. Contrairement à une idée reçue, les RPS ne se réduisent pas au « stress » : ils recouvrent des réalités très diverses, de la surcharge chronique jusqu'au harcèlement moral ou sexuel.

Cette page présente la définition officielle des RPS, leur catégorisation, leurs effets sur la santé et les salariés, et la méthode pour les intégrer dans votre DUERP.

Section 1

Qu'est-ce qu'un risque psychosocial ? Définition

Les risques psychosociaux sont « les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d'emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d'interagir avec le fonctionnement mental ».

— Collège d'expertise sur le suivi des risques psychosociaux au travail (rapport Gollac, 2011)

Trois précisions importantes :

  • Ils sont d'origine professionnelle : ils découlent de l'organisation du travail, des relations sociales et des conditions d'emploi — pas de la vie privée du salarié, même si celle-ci peut amplifier la vulnérabilité.
  • Ils touchent les trois dimensions de la santé : mentale (stress, anxiété, dépression), physique (troubles musculo-squelettiques, maladies cardiovasculaires) et sociale (isolement, conduites addictives, conflits).
  • Ils sont des risques comme les autres : à ce titre, ils doivent figurer dans le DUERP au même titre que les risques de chute ou de coupure (article R. 4121-1 du Code du travail).
👉 Pour le cadre général du Document Unique, consultez notre page pilier : DUERP – le guide complet.
Section 2

Les 6 catégories de RPS à évaluer

Le rapport Gollac identifie 6 grandes familles de facteurs de RPS, aujourd'hui utilisées comme grille de lecture par l'INRS, la CNAM et l'inspection du travail. C'est la structure recommandée pour rédiger la partie « RPS » de votre DUERP.

1

Intensité et temps de travail

  • Charge de travail excessive ou au contraire underload (désoeuvrement)
  • Pression temporelle, urgences, interruptions permanentes
  • Horaires atypiques, longue durée du travail, non-respect des temps de repos
2

Exigences émotionnelles

  • Contact avec un public souffrant ou agressif (santé, social, sécurité)
  • Dissimulation des émotions (« travail émotionnel »)
  • Situations traumatisantes, peur au travail
3

Manque d'autonomie et de sens au travail

  • Faible marge de manœuvre dans l'exécution des tâches
  • Objectifs contradictoires ou flous, conflits de valeurs
  • Utilité du travail non perçue, retrait cognitif
4

Rapports sociaux et relations de travail

  • Manque de soutien des collègues ou de la hiérarchie
  • Qualité insuffisante du management (management toxique, absence de reconnaissance)
  • Violences internes : harcèlement moral, harcèlement sexuel, discriminations
  • Violences externes : agressions de tiers (usagers, clients)
5

Conflits de valeurs et atteintes à la dignité

  • Injonctions contraires à l'éthique professionnelle
  • Atteintes à l'équité (sentiment d'injustice dans les salaires, promotions)
  • Non-respect de la dignité humaine
6

Insécurité de la situation de travail et de l'emploi

  • Précarité (CDD, intérim, sous-traitance en cascade)
  • Menaces de licenciement, restructurations
  • Perspectives de carrière bouchées, déqualification

👉 Une fois ces facteurs identifiés, ils doivent être cotés et hiérarchisés : la méthode est détaillée dans notre page Évaluer les risques professionnels : la méthode. Pour agir en amont sur ces facteurs, voir Prévention des risques psychosociaux : le guide complet.

Section 3

Les effets des RPS sur la santé

Les RPS produisent des effets documentés en santé publique et en médecine du travail.

Santé mentale

  • Stress chronique, anxiété, troubles du sommeil
  • Burn-out (syndrome d'épuisement professionnel) — la surcharge chronique peut être reconnue comme pathologie psychique d'origine professionnelle (dispositif de reconnaissance expérimental 2024-2026, arrêté du 25 sept. 2023)
  • Dépression, risques suicidaires
  • Syndrome de stress post-traumatique (agression, accident grave)

Santé physique

  • Troubles musculo-squelettiques (TMS) — la co-exposition stress/TMS est massive
  • Maladies cardiovasculaires (hypertension, infarctus)
  • Troubles digestifs, immunitaires, conduites addictives (tabac, alcool, médicaments)

Effets organisationnels & sociaux

  • Absentéisme, présentéisme, turnover
  • Baisse de la qualité et de la productivité, erreurs, accidents du travail
  • Dégradation du climat social, conflits, contentieux prudhomaux

💡 Point juridique clé : en cas de faute inexcusable de l'employeur, l'absence des RPS dans le DUERP (ou une évaluation purement formelle) est systématiquement examinée par les tribunaux comme un indice de manquement à l'obligation de sécurité. Voir notre page Sanctions et responsabilité.

Section 4

Comment évaluer les RPS dans le DUERP

Étape 1

Recueillir des données

Ne partez pas d'une page blanche : absentéisme, turnover, accidents du travail, accidents de trajet, alertes de la médecine du travail, rapports du CSE, lettres d'alerte des représentants du personnel, enquêtes de climat social.

Étape 2

Observer le travail réel

L'évaluation des RPS repose sur l'analyse du travail tel qu'il se fait réellement — pas sur les procédures théoriques :

  • entretiens collectifs et individuels (groupes de parole par équipe) ;
  • observation directe des postes et des flux ;
  • questionnaires validés (INRS, échelles de stress perçu) ;
  • analyse des incidents : conflits, démissions, alertes.
Étape 3

Coter chaque risque

Pour chaque unité de travail, cotez chaque facteur sur :

CritèreQuestion à se poser
ProbabilitéLe risque s'est-il déjà manifesté ? À quelle fréquence ?
GravitéQuelle ampleur des dommages potentiels ?
Fréquence / durée d'expositionLes salariés y sont-ils exposés quotidiennement ou ponctuellement ?
Étape 4

Définir les actions et suivre

Chaque risque prioritaire appelle une action chiffrée, datée et attribuée à un responsable, avec un indicateur de suivi. Le DUERP doit être actualisé au moins une fois par an et à chaque changement de contexte.

Section 5

Les situations particulières

Le harcèlement, un risque à part entière

Le harcèlement moral (art. L. 1152-1 du Code du travail) et le harcèlement sexuel (art. L. 1153-1) sont des risques professionnels que l'employeur doit évaluer et prévenir comme les autres. Le DUERP doit mentionner explicitement le risque de harcèlement — c'est le cœur de notre expertise.

Les violences externes

Dans les métiers en contact avec le public (santé, commerce, transport, services publics), les agressions de tiers sont des RPS à identifier avec des mesures de prévention spécifiques (aménagement des locaux, procédures d'alerte, formations).

RPS et QVCT

Depuis 2022, l'obligation d'action porte sur la « santé et sécurité au travail » au sein de la démarche plus large de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) — l'évaluation des RPS en est le socle. La consultation du CSE est obligatoire à chaque étape.

Section 6

FAQ – Risques psychosociaux

Oui. Le DUERP doit inventorier tous les risques, y compris psychosociaux. Leur absence est régulièrement retenue par les tribunaux comme un manquement à l'obligation de sécurité de l'employeur.

Évaluez vos RPS avant qu'un incident ne vous y contraigne

Nous accompagnons les entreprises dans l'identification et l'évaluation des RPS, avec une expertise spécifique sur la détection des situations de harcèlement.